L'ENGOUEMENT DES FRANCAIS POUR L'AGRO-ALIMENTAIRE ITALIEN NE SE DEMENT PAS


Le premier semestre 2018 fût un record historique en France pour l’agro-alimentaire « Made in Italie ».

Les chiffres du rapport sur la compétitivité de l’agroalimentaire italien, font sans aucun doute sourire les producteurs italiens présents sur le territoire français : les exportations de produits alimentaires et des vins ont augmenté de 9,1% par rapport à la même période de l’année dernière et de 23% durant les 3 dernières années.

"L'Italie est le deuxième fournisseur de la France, tous marchés confondus, après l'Allemagne,
commente Arcangelo De Luca, directeur de l'Institut italien pour le commerce extérieur. Premier pour l'agroalimentaire, l'aménagement-décoration, le mobilier, le design et les lunettes, troisième pour l'électroménager et l'automobile."

En ces premiers 6 mois de l’année, chaque Français a dépensé en moyenne 500 euros pour acheter des produits et services italiens. Un engouement en hausse constante depuis une dizaine d'années sur lequel les grandes marques italiennes et les enseignes françaises surfent avec bonheur.

De ce fait, les épiceries italiennes font florès dans les centres-villes et sur internet. Dans les supermarchés, les produits 100 % italiens s'affichent en tête de gondole, comme les pâtes Garofalo. Cette année, c'est l'Italie bio qui a le vent en poupe en France. Le groupe Fileni, un des leaders transalpin de l'agroalimentaire, a présenté, en février, sa nouvelle marque Very Italiano : pâtes bio et surgelées avec assortiments de sauces.

Quant à la restauration italienne, elle continue d’afficher des nobles chiffres et fait toujours beaucoup mieux que la moyenne du secteur. Là aussi, nouveaux lieux et concepts comme les 8  restaurants Big Mamma à Paris ou Unico gelati à Lyon.

Mais les Français ne se contentent pas de savourer des antipasti. De la Péninsule, ils aiment tout. L’Italie est le premier exportateur en France de pâtes et de conserves de tomates avec une part de 65/66%. Il  est aussi le second exportateur de vins et d’huile d’olive avec respectivement 27% et 23%. Avec 10%, il est le quatrième exportateur de fromages et de produits laitiers. L’Italie est leader absolue dans le domaine de l’agriculture biologique et aussi d’indication géographique AOP (Appellation d’origine contrôlé) et IGP (Indication géographique protégée).

Une telle déferlante gastronomique italienne ne fait pourtant pas peur à Michele Carlino,: "Noi de La Puglia a Tavola  portiamo i nostri prodotti in numerosi ristoranti e negozi di Lione. Non abbiamo un negozio nostro ma rispetto a quanto si puo' trovare in giro, garantiamo il VERO prodotto italiano di qualità. Direttamente da Bari a Lione ogni 10 giorni!"  Chaque mardi arrivent ainsi la passata di pomodoro directement de Foggia, l’exquise huile d’olive extra vierge de Lecce, la famosa burrata de Corato, cet exquis fromage frais au lait de bufflonne très crémeux vendu traditionnellement autour d'une feuille de jonc vert.

Mais qu'est-ce qu'ils ont ces Italiens pour séduire autant les Français ? "A vivre entourés de chefs-d’œuvre, le beau est devenu chez eux une exigence innée", tente d'expliquer Daniele Rustioni, le nouveau et jeune chef permanent de l'Opéra de Lyon qui prépares en novembre l’opera Nabucco, le premier grand succès de Giuseppe Verdi avec l'universel "Va, Pensiero",  considéré comme le second hymne national italien.

C'est vrai que tout semble beau chez les Italiens. On aime s'habiller en Prada et en Armani. On raffole des tables, chaises et divans, des cafetières, lampes, tire-bouchons et autres bouilloires revisités par Giovanni Alessi, Vico Magistretti, Pasquale Natuzzi ou Giulio Castelli, le créateur des lampadaires en Plexiglas et de la marque Kartell. On craque pour la douche à l'italienne, à même le sol et sans paroi, celle qui autorise toutes les folies et quelques céramiques superbes du lyonnais Carothèque...

Bref, les Français sont comme Stendhal. Tout, dans ce pays, les émeut. Et de leurs voyages en Italie, qui reste leur troisième destination, ils ne rapportent que du bonheur. Seul bémol dans cette histoire d'amour, la langue de Dante n'est apprise que par 240 000 élèves français. 



Dossier Pièces jointes: